Aucune règle ne dicte la façon dont un groupe doit faire évoluer sa musique au fil des albums. Hyphen Hyphen, souvent associé à des sonorités électro-pop énergiques, surprend régulièrement par des choix inattendus dans sa discographie.
Hyphen Hyphen ne se contente jamais du déjà-vu. Chaque album secoue la routine, ose de nouveaux mélanges et entraîne ses fans sur des terrains où la pop traditionnelle ne pose jamais les pieds. L’expérimentation, pour eux, n’est pas une posture marketing : c’est un moteur. On y entend des accidents électro, des envolées rock, des clins d’œil à la danse ou aux musiques urbaines, comme une envie farouche de ne pas s’enfermer dans une case. Les membres du groupe revendiquent ce goût de l’aventure musicale et l’affirment, album après album, comme une signature.
Festivals et rencontres artistiques : quand la musique de Hyphen Hyphen dialogue avec la sculpture de glace
Sur scène, Hyphen Hyphen ne propose jamais simplement un concert cadré au millimètre. Chaque festival devient l’occasion de faire dialoguer la spontanéité du groupe et les ressentis du public. Lorsqu’ils arrivent devant une foule compacte, c’est l’équilibre entre énergie collective et adaptation acoustique qui façonne la soirée.
Voici comment leurs lives changent la donne d’un festival :
- Les arrangements sont repensés selon l’acoustique propre à chaque espace
- La voix charismatique de Santa vient soulever la ferveur du public, pour un instant unique
Cette exigence, on la retrouve au Zénith de Paris aussi bien qu’aux Docks de Lausanne. Sur ces grandes scènes, Hyphen Hyphen expérimente, transforme chaque rendez-vous en terrain d’essai pour sonorités, lumières et scénographies inattendues.
Leur approche originale leur vaut un accueil attentif aussi bien en France qu’en Suisse. Loin du schéma rock conventionnel, le quatuor, Santa, Line, Adam et Zacchari, brouille volontairement les pistes. On passe de beats électroniques marqués à des séquences presque sculpturales dans le décor, empruntant à la mode ou à l’art éphémère, telle la sculpture de glace.
Certains partages avec des grandes maisons de mode comme Armani ou Saint Laurent montrent à quel point le collectif tient à dépasser les frontières stylistiques. Chaque concert devient alors une aventure autant visuelle que sonore, repoussant les habitudes de la scène pop.
Des deux côtés de la frontière, le public vit un moment qui ne laisse pas indifférent. On pense à « Too Young », choisi comme hymne durant l’Euro féminin de football. Ce titre, capable de fédérer bien au-delà du cercle habituel des fans d’électro-pop, illustre la capacité du groupe à élargir le spectre et à créer une atmosphère de partage intense.
La reconnaissance ne s’est pas fait attendre. Dès 2016, Hyphen Hyphen décroche le prix de Révélation Scène aux Victoires de la Musique. Au fil des tournées, le groupe démontre qu’il sait nourrir son art au contact d’autres disciplines, d’autres territoires et d’autres univers créatifs.
Ce que les membres du groupe révèlent sur leur évolution sonore et l’inspiration puisée dans ces événements uniques
Si Hyphen Hyphen évolue, c’est parce que chaque projet se construit au gré des rencontres et de l’intensité vécue en tournée. Interrogés sur la naissance de l’album C’est la vie, Santa, Line, Adam et Zacchari mettent en avant la collaboration avec Glen Ballard, l’homme derrière le son de Michael Jackson, de No Doubt, et du mixeur Mark ‘Spike’ Stent, qui a façonné la pop mondiale.
Ces expériences à l’international ont ouvert de nouveaux horizons : viser un esprit plus organique, plus direct, qui privilégie le grain de l’émotion brute à la recherche purement technique. Santa le rappelle : capter l’instant sur bande, enregistrer au plus près du live, retrouver la tension qui fait vibrer les concerts, tout cela prime désormais.
Installés à Nice, les quatre musiciens cultivent leur identité et assument un ancrage fort dans la scène queer et l’engagement LGBT. Cette influence s’entend dans les thématiques qui traversent leurs titres : liberté, affirmation, tolérance. Le contexte des confinements et la tension liée à la présidentielle française ont aussi nourri des textes sur la résilience et l’espoir, qui refusent toute mièvrerie.
Le fameux trait d’union du nom du groupe prend alors tout son sens : il traduit l’envie de relier les gens, de créer de vrais ponts entre les publics et les mondes artistiques.
Les inspirations ne manquent pas : la pop anglo-saxonne garde une place solide dans leur univers, Mark Ronson côté Santa, Wolf Alice pour Line ou Adam. Leurs collaborations avec la mode, la diversité des silhouettes artistiques croisées, la variété des scènes arpentées dessinent une trajectoire toujours en mouvement. À chaque passage, la discographie s’enrichit, évolue, s’épaissit d’influences et de sensations nouvelles.
Tracer sa route loin des sentiers rassurants, refuser le formatage pour faire de la singularité un principe fondateur : c’est ce pari que Hyphen Hyphen réaffirme à chaque album. Un chemin qui, loin de s’arrêter, dessine un horizon sans cadre, où la pop française se redéfinit constamment.



